Chères Vertes, Chers Verts, 

Qui dans cette salle ne s’attendait pas à de tels épisodes de chaleur ? 
Qui dans cette salle a découvert cet été que la canicule était un signe du changement climatique? 
Qui dans cette salle considère que la souffrance des personnes âgées, des enfants en bas âge ou des paysannes et paysans durant cette canicule est exagérée ? 

Personne!

Chères Vertes, Chers Verts, 

Non, nous n’avons pas attendu cet été pour apporter des solutions pour la protection du climat. 
Depuis plus de 40 ans, nous les Vertes et les Verts formulons des propositions et des solutions concrètes. 
Depuis plus de 40 ans, qu’il fasse chaud ou qu’il pleuve, nous mettons la priorité sur le plus grand défi de notre temps : la crise climatique. 
Et depuis plus de 40 ans, nous transformons la Suisse grâce à notre persévérance.  

C’est parce que nous ne lâchons rien que notre engagement fait la différence. Nos idées sont d’abord moquées, puis évaluées et enfin copiées. Regardez le développement de l’énergie solaire ou de la nature en ville. Ce sont nos revendications de toujours et elles s’imposent aujourd’hui comme des évidences.

Mais il y a quelque chose qui doit nous inquiéter : 
Le Conseil fédéral, lui, n’a pas dit un mot durant l’été. 
Face aux difficultés et aux doutes de la population, il est resté muet. 
Et quand il est rentré de vacances, c’était pour traverser la Suisse dans tous les sens en hélicoptère. 

Pire encore : ses premières décisions à la rentrée ont été d’abord de rejeter l’initiative pour la place financière durable, qui pourrait pourtant permettre d’avoir un impact majeur sur le climat mondial. Et ensuite d’attribuer 900 millions de francs supplémentaires à l’armée, et pas un franc de plus pour protéger le climat. Non, au contraire: des coupes dans la protection des forêts.

Comment est-il possible que le Conseil fédéral soit à ce point aveugle face à ce qui est indéniablement une crise ? Comment peut-il à ce point ignorer la réalité qui se déroule sous nos yeux ? Les décès en lien avec la canicule, la sécheresse, les poissons qui meurent, les rivières qui s’assèchent, les appels à l’aide des agricultrices et agriculteurs, nos glaciers qui fondent : la situation est grave et elle exige une action déterminée. 

Plus que jamais, nous devons parler de responsabilité. La responsabilité du Conseil fédéral vis-à-vis de la population. La responsabilité de la Suisse dans le monde. La responsabilité de notre génération vis-à-vis des suivantes.

Aujourd’hui, le mot « responsabilité » a un sens évident : reconnaître la crise climatique et agir. En dépassant ses dogmes. En dépassant ses liens d’intérêt.

Pourtant, face à la crise climatique, on ne compte plus les retours en arrière du Conseil fédéral.   

Citons par exemple : 

  • Les propositions de construire des méga-autoroutes malgré le NON du peuple 
  • Les coupes massives dans l’assainissement énergétique des bâtiments 
  • Les économies dans l’adaptation des forêts et la renaturation des rivières 
  • Les cadeaux aux importateurs automobiles qui vendent des voitures néfastes pour le climat 
  • Le transfert de l’argent pour les trains de nuit aux compagnies aériennes 
  • Le retour ruineux du nucléaire 

 La conséquence : la Suisse n’atteindra pas ses objectifs climatiques de 2030, comme M. Rösti l’a affirmé cet été, en pleine canicule.  Quant à 2050, c’est à voir. 

Ce qui est clair est que M. Rösti est incapable ou pas prêt à reconnaître la crise. Et encore moins à tout mettre en œuvre pour protéger le climat. 

Sa proximité avec les lobbys des énergies fossiles, des voitures et du nucléaire est dangereuse. Si le Conseil fédéral assume sa responsabilité, il doit changer de cap. Il doit retirer le département de l’environnement à M. Rösti. Mais ce n’est pas tout. 

Il doit mettre le climat en priorité, adopter des mesures urgentes pour adapter nos villes et nos campagnes, investir massivement dans la protection du climat en sortant de la dépendance néfaste aux énergies fossiles. 

Chères Vertes, chers Verts, 

Nous sommes responsables. Nous sommes solidaires.  

Nous pensons aux proches des personnes décédées de la canicule, à toutes les personnes âgées confinées chez elles pour éviter les chaleurs extrêmes, à tous les bébés et leurs parents, au personnel soignant, aux travailleurs et travailleuses qui oeuvrent par 35 degrés à l’extérieur, aux paysannes et paysans et, enfin, à toutes les personnes qui n’ont ni les moyens de fuir les villes quand elles surchauffent, ni de se payer une villa au bord du lac et qui subissent la canicule dans de petits appartements-fournaises. 

Nous pensons aussi à la nature, notre environnement : les poissons, nos lacs, nos rivières, nos glaciers. 

Pour vous toutes et tous, pour la nature, nous ne restons pas les bras croisés. 

Nous avons adopté il y a un an un plan d’action contre la canicule avec 32 mesures concrètes pour protéger la population et ne laisser personne sur le carreau. On doit changer de rythme : végétaliser à vitesse grand V en plantant des milliers d’arbres tout de suite, protéger les bâtiments de la chaleur et réduire le loyer de ceux qui ne le sont pas, enlever le béton et renaturer les rivières pour garder l’eau dans le sol, arrêter les chantiers à l’extérieur et activer le fonds pour mauvais temps pour les personnes concernées, installer des climatisations dans les écoles, les hôpitaux, les EMS et les crèches. 

Mais tout le monde sait qu’une climatisation n’arrête pas le réchauffement climatique. Ce que les gens veulent, ce n’est pas seulement traiter les symptômes. Les gens ne veulent pas d’étés à 50 degrés. La population attend une réelle protection du climat, comme elle l’a dit et répété en votation populaire. 

La Suisse est l’un des pays les plus touchés par le réchauffement climatique. Nous devons donc tout faire pour relever ce défi mondial. Etre représentés sur toutes les plateformes internationales pour appeler à l’action climatique, comme le font les Etats insulaires.

Mais sérieusement : 

Nous ne convaincrons les autres pays d’agir plus rapidement que si nous, nous faisons notre part. Nous, pays riche, dont la place financière continue de financer la recherche de nouveaux gisements de gaz ou de pétrole. Nous, dont les vols en avion explosent et les bâtiments continuent d’être équipés de chauffages fossiles

Nous devons devenir un exemple. Et saisir la chance que cela représente pour toute notre société. 

Car les solutions sont là et elles sont accessibles : rénover nos bâtiments, ne plus importer de voitures fossiles ni installer de nouveaux chauffages fossiles, développer le train, le vélo et la marche, mettre fin aux jets privés et réduire les vols en avion, transformer l’économie et rendre la place financière propre, développer la solidarité climatique internationale. 

La Suisse a les moyens d’opérer ces changements. Les résultats financiers publiés cette semaine le prouvent une fois de plus. Les coupes budgétaires ciblées dans la protection du climat sont indécentes. Plutôt que de verser des milliards supplémentaires pour l’armée, le Conseil fédéral doit enfin s’attaquer aux dangers réels et immédiats : la crise climatique. 

Toutes ces mesures que nous proposons pour opérer cet indispensable changement améliorent concrètement la vie des gens au quotidien. En particulier des personnes les plus vulnérables ou aux revenus les plus bas, qui subissent aujourd’hui les pollutions ou les augmentations soudaines des prix de l’essence ou du chauffage. Toutes ces mesures développent une économie locale et durable. 

Chères Vertes, Chers Verts, 

Nous avons une occasion historique de revendiquer une autre politique environnementale : le référendum contre le retour ruineux du nucléaire. Cet été, nous avons récolté ensemble des milliers de signatures. La remarque que j’ai le plus entendue : mais pourquoi devons-nous revoter sur ça, on avait pourtant décidé ? C’est vrai : suite à l’accident de Fukushima, Doris Leuthard, pourtant surnommée « Atom-Doris », avait su, elle, reconnaître le danger et tiré des conséquences. Elle avait demandé l’interdiction de nouvelles centrales nucléaires. Et le peuple a dit STOP au nucléaire en 2017. Pas de nouvelles centrales ultra-chères qui renforcent notre dépendance à la Russie par les importations d’uranium. 

Et que s’est-il passé depuis ? l’énergie solaire a été multipliée par 4 et l’on a constaté que les centrales nucléaires sont incompatibles avec les canicules. Et maintenant, il faudrait revenir à cette technologie dangereuse, alors que nous n’en avons pas besoin ? C’est absurde ! 

Alors non, nous n’accepterons pas le diktat du lobby nucléaire. Nous ne le laisserons pas saboter le développement des énergies renouvelables et compromettre la sortie des énergies fossiles.  Le 28 février, nous montrerons à Monsieur Rösti que la politique des lobbys n’a pas de place ici. Nous revendiquons une politique pour les gens. Pas pour le profit de quelques-uns. 

Chères Vertes, chers Verts, 

On ne va pas se mentir, les mois qui nous attendent seront intenses. Mais ils représentent une opportunité rare d’imposer une vraie politique climatique. Une politique climatique qui tient sur ses deux jambes : l’adaptation et la protection du climat.  

Je compte sur vous : où que vous êtes, saisissez cette opportunité. Dans les communes, dans les cantons, au niveau fédéral, dans les entreprises, les services, les lieux de formation. Reproposer ce que vous avez déjà proposé 20 fois. Partout, partout, parlez de climat, amenez des solutions. C’est maintenant que cela se passe.  

On se retrouve dans la rue, le 19 septembre en Suisse romande, le 25 en Suisse alémanique. Soyons un maximum. Faisons entendre notre voix pour ne plus jamais laisser dire que le climat n’intéresse personne.

Nous l’avons déjà vu par le passé: la pression dans la rue et dans les urnes bouge les lignes politiques. Elle contraint les majorités à prendre au sérieux notre avenir. 

Chères Vertes, Chers Verts, ensemble, faisons prendre à la Suisse le virage de l’avenir. Pour que tout le monde vive mieux, ici et dans le monde.